Alternatives Economiques : Un G20 historique

Publié le par Lannig

Affirmant d’emblée faire face à une crise exceptionnelle, les dirigeants politiques du G20 ont accouché d’un texte qui pose les principes d’un bouleversement de l’ordre financier mondial. Après 50 ans de libéralisation financière, l’objectif est désormais de redonner la main aux régulateurs et de construire une gouvernance mondiale de la finance. Dossier ultra médiatisé, la lutte contre les paradis fiscaux fait l’objet d’avancées certaines mais insuffisantes.


 Le retour des institutions internationales

La première avancée du G20 repose sur le retour en force des institutions financières multilatérales. Contrairement aux accords de Bretton Woods qui avaient donné naissance au  Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale, aucune nouvelle institution n’est crée mais le poids des institutions existantes est nettement renforcé.


 Le FMI voit ses ressources triplées (de 250 à 750 milliards de dollars) et il va distribuer pour 250 milliards de dollars de DTS, une création de liquidité mondiale ex nihilo. Le poids politique des pays émergents et pauvres y sera accru d’ici 2011. Si l’on ajoute l’accroissement des ressources de la Banque mondiale et des autres institutions de développement, c’est plus de 1000 milliards de capitaux qui sont rendus disponibles pour soutenir la croissance mondiale, soit environ 1,5 % du PIB mondial. Si l’on y ajoute les 3,2 % du PIB des plans de relance nationaux – hors soutien aux secteurs bancaires – estimé par l’OIT, on obtient une relance de près de 5 % du PIB mondial. Un montant élevé. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit pour autant suffisant : il est clair que, de ce point de vue, l’Europe reste trop largement en retrait, alors que les Etats-Unis et la Chine ont agi.

 Au-delà du FMI, l’ancien Forum de Stabilité Financière est transformé en Conseil de Stabilité Financière (Financial Stability Board). Elargi à l’ensemble des membres du G20 plus l’Espagne et la Commission européenne, il est doté de prérogatives importantes. Son rôle de grand coordonnateur des réponses techniques à la crise, rôle qu’il a joué depuis la fin 2007, est validé et l’institution s’impose comme le grand régulateur de la finance internationale. Il est chargé de surveiller la montée des risques dans la finance et d’élaborer avec le FMI un système d’alerte, de coordonner les réponses nationales aux crises et la surveillance des grands établissements financiers  mondiaux, de mettre en œuvre des nouveaux principes contraignants de régulation (cf. infra), etc.

 Même l’Organisation mondiale du travail est mise en avant pour faire la promotion d’un marché du travail « juste et conciliant vie de famille-vie professionnelle ».


 Bref, à activités économiques mondialisées, régulation mondialisée : le G20 en pose le principe politique.

 

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