Selon le récit du Parisien, il a remis à l’universitaire lyonnais Robert Faurisson, pionnier en France du négationnisme, un “Prix de l’infréquentabilité et de l’insolence”. Ou plutôt, après l’avoir fait venir sur scène sous un tonnerre d’applaudissements, dont ceux de Jean-Marie Le Pen et d’un certain nombre de membres du Front national, il lui a fait remettre son prix par son régisseur travesti en déporté, pyjama à étoile jaune présenté par Dieudonné comme “son habit de lumière”.
Voilà où on en est dans la France de 2008. Et qu’on ne parle surtout pas de dérapage, avec ce que cela suppose d’incontrôlé, car tout a été pesé, mûri et ruminé par les
protagonistes. Ceux qui en doutent peuvent aussi regarder ici la vidéo. L’essentiel y est de l’abjection
de cette provocation. A vomir. Après avoir lu l’article et subi la vidéo, j’ai couru dans ma bibliothèque pour me replonger, au hasard du feuilletage, dans L’Espèce humaine (1947, Tel/Gallimard) de Robert Antelme. C’est la vertu des grands livres de
vous réconcilier avec l’humanité quand l’urgence s’en fait sentir.