lemonde.fr : La rentrée selon François Chérèque

Publié le par Lannig

"Si on me cherche" (Albin Michel), le livre du Secrétaire Général de la CFDT François Chérèque à paraître début septembre 2008, est consulté, le 27 août 2008 à Paris.
AFP/BERTRAND GUAY
François Chérèque met en cause le discours volontariste du gouvernement au cours des derniers 18 mois. "Les salariés sont partis en vacances avec, dans la tête, le discours des dix-huit mois écoulés. On leur a dit : on va tout régler, tout va déjà mieux. Ils rentrent et ils entendent : 'ça ne va pas mieux'".

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque déplore "le déficit du dialogue social en France", réclamant du patronat qu'il "ouvre des espaces de dialogue". Dans un entretien au Journal du dimanche, le dirigeant de la CFDT estime que ce manque de dialogue "est une des raisons de notre manque de compétitivité économique". "Quand Nicolas Sarkozy dit que nous n'avons jamais eu si peu de grèves générales, c'est vrai. Mais ce chiffre masque un transfert des conflits dans les entreprises : en dix ans, nous sommes passés de 20 % à 30 % de conflits dans les entreprises. Une entreprise sur trois est touchée par un conflit", déplore M. Chérèque qui ne sait pas sous quel signe la rentrée sera placée : "C'est la douche froide, même si je ne sais pas sur quoi cela débouchera : malaise ou encore plus de tensions". Le dirigeant syndical met en cause le discours volontariste du gouvernement au cours des derniers 18 mois. "Les salariés sont partis en vacances avec, dans la tête, le discours des dix-huit mois écoulés. On leur a dit : on va tout régler, tout va déjà mieux. Ils rentrent et ils entendent : 'ça ne va pas mieux'", déclare t-il.

"Si on me cherche, en s'asseyant sur les accords signés par les partenaires sociaux, alors on me trouvera pour protester !", avertit M. Chérèque en référence aux 35 heures. Mais "si on me cherche pour négocier afin de réduire les inégalités et améliorer le dialogue social, je serai toujours disponible. Donc, pour l'avenir, pas question d'une opposition systématique".

En dépit de démentis catégoriques de l'Elysée, le secrétaire général de la CFDT maintient dans cet entretien que le chef de l'Etat a évoqué devant lui l'idée d'une aministie dans l'affaire des versements occultes de l'Union des industrie et métiers de la métallurgie (UIMM). "Nicolas Sarkozy, en présence de son conseiller social, Raymond Soubie, a évoqué l'idée, à propos de l'affaire UIMM, qu''il faudra en passer par une loi d'amnistie comme ça a été le cas pour les hommes politiques avant la loi sur le financement public des partis'". "Je lui ai indiqué que je m'y opposerai", ajoute le leader syndical. "Je veux que l'on fasse toute la vérité sur cette affaire, quoi qu'il puisse en coûter."

François Chérèque, indique qu'il a aussi a proposé au premier ministre, François Fillon, d'étendre à l'ensemble du pays le système en vigueur en Ile-de-France en matière d'aide au transport des salariés, indique-t-il. M. Fillon a donné jusqu'au 15 septembre aux partenaires sociaux pour faire des propositions sur une aide directe au transport pour les salariés confrontés au coût élevé de leur trajet domicile-travail.

Le leader de la CFDT affirme soutenir le revenu de solidarité active (RSA), mécanisme d'encouragement au retour à l'emploi des plus démunis, dont le président Nicolas Sarkozy vient d'annoncer la généralisation en 2009. Il affirme qu'il n'est pas question pour lui d'une "opposition systématique". "Mais je vérifierai soigneusement que le gouvernement respecte les partenaires sociaux et la loi. Et tient parole", ajoute le secrétaire général de la CFDT.

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Publié dans Actualités Sociales

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