"Seul un Bretton Woods pourra calmer les marchés" par le président du Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi
Pour mettre fin à la crise, le président du Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, appelle à la convocation rapide d'un Bretton Woods financier, à l'image des accords économiques qui avaient été pris après la seconde guerre mondiale.
La crise financière a-t-elle atteint son paroxysme ?Je pense que non. On peut imaginer encore deux ou trois jours de grands désordres. Les difficultés actuelles sont essentiellement dues à la perte de confiance des acteurs du marché. Il est frappant de voir l'extrême volatilité des marchés. Personne ne sait où il va. Le plan Paulson, la baisse du taux directeur par la BCE, les reprises d'établissements bancaires... chacune de ces décisions a son bien-fondé. Mais c'est presque plus difficile à comprendre qu'auparavant. On voit les éléments d'un puzzle se mettre en place mais il n'a pas encore trouvé sa cohérence.
Que manque-t-il pour terminer ce puzzle ?
Seule la convocation rapide d'un Bretton Woods financier, une conférence mondiale, permettra aux marchés de se calmer. Il faut réussir à mettre tout le monde autour d'une table pour prendre des décisions cohérentes. Rien que l'annoncer aiderait à sortir de ces difficultés. Il y a beaucoup de psychologie dans cette affaire. L'idée de Nicolas Sarkozy d'organiser un G8 va dans ce sens.
Le règlement de l'aspect financier suffira-t-il ?La crise a déjà des effets non négligeables sur l'économie réelle, mais là aussi il n'y a pas de fatalité. Il faut d'abord sortir de la crise financière le plus vite possible et ensuite, il faudra certainement soutenir la croissance. Cela suppose d'utiliser tous les leviers financiers. Le mode de financement ne sera pas nécessairement public. L'épargne privée est très importante, elle peut être une piste à explorer.