Arte TV : L'embrasement (Bouna et Zyed)

Réalisateur : Philippe Triboit
Auteurs : Marc Herpoux, Philippe Triboit
Acteurs : Thierry Godard, Nathalie Besancon, Slimane Hadjar
Producteurs : CINETEVE
Retour sur la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois qui a provoqué les émeutes de l'automne 2005. Une autopsie du drame en forme de fiction, qui dénonce le mensonge d'État et explore avec acuité la crise des banlieues.
Le 27 octobre 2005, à Clichy-sous-bois, trois jeunes garçons affolés parce que poursuivis par la police, trouvent refuge dans un transformateur électrique EDF. Deux d'entre eux, Bouna 15 ans et Zyed 17 ans, vont mourir électrocutés, le troisième, Muhittin, va miraculeusement survivre à ses brûlures.
Que s'est-il réellement passé ?
Le film interroge ces événements et propose par le biais de la fiction une réflexion sur l'exercice du pouvoir et le fossé qui se creuse entre les jeunes de banlieue et le politique.
Rappel des faits
Nicolas Sarkozy à Argenteuil : « on va vous débarrasser de ces racailles ».
- 27 octobre 2005
Décès de Zyed Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans), de Clichy-sous-Bois, électrocutés dans l'enceinte d'un transformateur électrique où ils s'étaient réfugiés pour échapper à la police. Rescapé, Muhittin Altun (17 ans et demi) est grièvement blessé. Nuit de violences à Clichy-sous-Bois et début des émeutes.
- 28 octobre 2005
Le ministre de l’Intérieur évoque une tentative de cambriolage sur un chantier et affirme qu'aucun policier ne poursuivait les jeunes.
- 3 novembre 2005
Plainte contre X des familles des victimes pour non assistance à personne en danger et ouverture de l’instruction.
- 4 novembre 2005
Les émeutes se propagent dans le reste de la France.
- 9 novembre 2005
Déclaration de l'état d'urgence auquel il est mis fin le 4 janvier 2006.
L’enquête s’achève. Fin novembre, cinq policiers sont convoqués devant le juge d’instruction et pourraient être mis en examen pour « non assistance à personne en danger ». Une étape préalable à la reconstitution. De plus, les avocats de Muhittin Altun ont porté plainte «pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui et faux en écriture publique», au regard des conditions de l’interrogatoire du rescapé, à l’hôpital Beaujon, le 28 octobre 2005. Des méthodes que la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a qualifiées de « manquement à la déontologie », d’autant que Muhittin Altun, grièvement blessé, était mineur à l’époque et non pas âgé de « vingt-et-un ans »