Le SPD et le PS favorables à un nouveau traité européen
Les socialistes français et les sociaux-démocrates allemands sont favorables à l'élaboration d'un nouveau traité européen ayant une dimension sociale renforcée, selon une déclaration commune sur l'Europe qu'a pu consulter Reuters.
Dans ce document de onze pages, le président du Parti social-démocrate allemand (SPD), Kurt Beck, et le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS) français, François Hollande, se disent par ailleurs favorables à ce que la Banque centrale européenne (BCE) soutiennent la croissance et l'emploi.
Les deux dirigeants formulent le souhait qu'un nouveau traité européen soit en place d'ici la prochaine élection du parlement européen, en 2009.
Il y a deux ans, le référendum en France sur le projet de traité constitutionnel européen, qui s'était soldé par la victoire du "non", avait profondément divisé les socialistes.
La candidate du PS à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, est favorable à un traité modifié, qui, si elle était élue à l'Elysée, serait soumis à un référendum en France avant les élections de 2009, ou en même temps que celles-ci.
Son adversaire, Nicolas Sarkozy est partisan de l'élaboration d'un mini-traité simplifié qui serait ratifié par la voie parlementaire.
"Il est important de reconnaître, alors qu'une nouvelle version du traité est débattue, qu'à côté des points qui peuvent prêter à la critique, des avancées importantes sont également contenues dans le texte actuel", peut-on lire dans la déclaration commune. "Il ne faut pas revenir sur ces avancées."
UNE DIMENSION SOCIALE RENFORCEE
Les deux dirigeants souhaitent un nouveau traité "plus social", comme l'a proposé Ségolène Royal, qui souhaite que le texte reconnaissance davantage les qualités du modèle social européen.
"Un solide renforcement de la dimension sociale du projet d'intégration européenne est une priorité particulièrement importante pour nous, socialistes et sociaux-démocrates", indique le document.
La chancelière allemande Angela Merkel a fait de la relance du traité constitutionnel l'une des priorités de sa présidence de l'Union.
Dans leur déclaration commune, Hollande et Beck souhaitent par ailleurs que l'Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances des pays de la zone euro, joue un rôle plus important concernant la politique économique et monétaire.
Ils exhortent également la BCE à utiliser la marge de manoeuvre que lui confère son mandat pour soutenir l'emploi et la croissance "avec force".
Il s'agit d'une sorte de compromis entre la position de Royal, qui souhaite que le mandat de la BCE soit modifié pour qu'elle donne la priorité à la croissance, et celle des Allemands, qui souhaitent que la BCE demeure indépendante, avec comme principale mission la lutte contre l'inflation.