Ségolène Royal : une vision pour la Gauche - (03/04/1992)

Publié le par Lannig

Ségolène Royal (ministre de l'environnement en 1992): "Je pense que les valeurs fondamentales, ce sont les valeurs du partage et les valeurs des équilibres. Et il faut réinscrire la politique dans le temps. (...) ça engage les générations futures. Il faut réinscrire la politique dans le temps, lui redonner des perspectives. Et il faut s'arcbouter sur la recherche des équilibre. (...) Il y a un groupe central: à peut près 7 français sur 10 qui vivent moyennement, ou qui vivent correctement; il y a 10% de français qui vivent bien et très bien; et puis il y a 20% qui sont très fragiles, ou attirés vers la pauvreté. Quel est l'enjeu majeur de la politique aujourd'hui? C'est de se dire que les enfants de ces 20%là, doivent pouvoir grimper au dessus, grâce à l'éducation, grâce à la promotion. Tout ce que l'on mettra en place qui permettra aux enfants de ces 20% là fragilisés, des banlieues, des villages pauvres, ou même le problème du tiers monde. (...) Donc tout ce qui permettra à ces 20% là, d'avoir l'espoir de grimper, c'est essentiel. Et pour le groupe central, tout ce qui permettra de consolider leur sécurité, leur acquis, mais aussi leur espoir vers quelque chose de fort. La politique, elle doit aussi redonner une fierté de la pensée. C'est à dire répondre à la fois aux problèmes concrets et répondre aux problèmes planétaire." "Pour gérer dans la durée, il faut aussi que l'État, donc que les valeurs collectives prennent le dessus par rapport à la loi du marché. La loi du marché, elle règle les choses immédiates. On l'a vu sur le PCB australien. La loi du marché, c'était le respect des contrats, le respect d'une entreprise, c'était légitime, aussi. Le choix du long terme, c'est de ce dire, mais ouvrons les yeux. Demain cela ne sera plus possible de transporter des matières. C'est pareil, c'est vraiment l'illustration que l'environnement doit être visionnaire. La politique doit être visionnaire, elle doit voir le monde dans 5, 10 ans. (...) Et redonner cette fierté de la pensée." "Oui ça me fait mal, pour les militants. Parce que je crois qu'il y a une grande désespérance des militants socialistes qui sont là depuis longtemps, qui y crois. (...) C'est parce que la politique ce n'est pas seulement être candidat à des élections. La politique c'est retrouver des lieux de débats. C'est retrouver des lieux de convivialité, c'est réfléchir aux valeurs qui nous animent." "Non c'est qu'il est, je pense, prisonié des échéances électorales, comme tout parti. (...) Le Parti Socialiste n'a pas évolué. Il fonctionne encore comme il y a encore 40 ou 50 ans. Il a pas vu qu'il y avait la télévision. Il a pas vu qu'il y avait une aspiration à la convivialité. (...) Il faut redonner des idées à la Gauche, et c'est ça, redonner des vitamines, redonner des lieux de débats. Il y a une aspiration extraordinaire pour retrouver ces lieux de débats." "Je pense déjà que c'est pas en se promenant avec des circonscriptions sous le bras qu'on conclure des alliances. Donc je pense que les alliances, elles peuvent se faire sur un programme. C'est un peu aussi l'échec de l'ouverture, d'une certaine façon. Il y a des ouvertures vers des personnalités. Mais pas vers de véritables forces, et pas sur la base de véritables programmes." "(...) Personne n'est venu, pour accepter cette ouverture sur la base d'une alliance solide. Donc, je crois, qu'il faut d'abord construire cette plateforme conjointe. Ca c'est fait entre les Verts et les Socialistes dans le Nord Pas de Calais. Ca prouve donc que c'est possible." "Oui mais si vous regardez la déférence entre les 2 accords, d'un coté vous avez un programme de société, de gestion de la région, qui n'est pas limité aux problèmes d'environnement, qui s'étend aux problèmes de développement durable, sur la région, de lutte contre les inégalités, de transparence. Car c'est très important la façon dont on procède aujourd'hui avec les citoyens; et en région Lorraine, vous n'avez rien, vous n'avez d'accord aucun programme, c'est un accord partisan. Donc ça les lorrains jugerons, c'est leur aux Verts de Lorraine. Mais la différence est considérable"" "Moi je pense que la protection de l'environnement ne se négocie pas, comme des bouts de chandelles. Il faut se mettre d'accord sur les vrais valeurs."
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Publié dans Ségolène Royal

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