liberation.fr : "L'impasse" de Lionel Jospin
«N’allons pas plus loin.» S’il fallait choisir une phrase pour résumer le livre l’Impasse, que Lionel Jospin s’apprête à publier le 24 septembre chez Flammarion (1) et que Libération s’est procuré (lire ci-dessous), ce serait celle-là. Elle surgit après 88 pages d’une charge ininterrompue, sonne comme une ultime piqûre venimeuse de rappel contre «une personnalité [qui] n’a pas les qualités humaines ni les capacités politiques» nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et «espérer gagner la prochaine présidentielle». C’est évidemment de Ségolène Royal dont parle l’ex-Premier ministre, dont l’obsession manifeste au fil des lignes est de démonter ce qu’il considère être «un mythe», de dénoncer une candidature-créature des sondages et des médias, une erreur de casting, «une candidate qui était la moins capable de gagner», et, surtout, «une illusion» qui ne doit pas se prolonger.
Car l’objectif de l’Impasse est bien d’essayer de convaincre le PS et ses militants de ne pas récidiver en confiant à l’ex-candidate à la présidentielle les clés de la rue de Solferino lors du prochain congrès du PS, encore moins de lui fournir un deuxième visa de candidate à l’Elysée. Car, selon Jospin, malgré son aplomb et son courage, Royal, «une figure seconde de la vie publique», n’est «pas taillée pour le rôle». «Avoir commis une erreur [en la désignant] ne justifie pas qu’on la réitère», avertit l’ex-candidat, pour qui les raisons profondes de l’échec - c’est le titre d’un chapitre - tiennent à la personnalité de son ancienne ministre, à son style de campagne, à ses choix politiques.
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